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L’employée de maison eut pitié et donna à manger à l’orphelin pendant que les maîtres de maison étaient absents. Le couple, riche et de retour, n’en crut pas ses yeux. Cela faisait longtemps que Jeanne servait dans la maison des Dubois — Charles et Hélène. Ce jour-là, les maîtres étaient sortis, et la domestique, après avoir terminé toutes ses tâches ménagères, s’était installée près de la fenêtre pour se reposer. Soudain, son attention fut attirée par un petit garçon dans la rue. Maigre et vêtu de haillons, il errait le long de la clôture du domaine. « Il a peut-être faim », soupira Jeanne, émue par le sort de l’enfant. Jetant un coup d’œil à la grande horloge du salon, elle estima que les maîtres ne rentreraient pas de sitôt et sortit dans la cour. « Comment tu t’appelles ? » demanda-t-elle doucement, en s’adressant au garçonnet qui guettait la rue avec prudence. « Paul », répondit-il, lançant un regard méfiant sous sa frange ébouriffée. « Eh bien, Paul, viens avec moi. Je vais te donner un peu de tarte aux pommes toute fraîche », proposa la femme. Et l’enfant, sans hésiter, la suivit. Son estomac gargouillait de faim depuis longtemps — il n’avait rien mangé de la journée. Dans la cuisine, Jeanne découpa soigneusement une belle part de tarte et déposa une assiette devant le petit affamé. « Oh, c’est trop bon ! » s’écria Paul, dévorant la pâte moelleuse avec avidité. « Ma maman faisait la même tarte autrefois ! » « Et ta maman, elle est où ? » demanda Jeanne d’une voix douce. Le garçon s’arrêta, cessa de mâcher, et baissa tristement les yeux. « Je la cherche depuis longtemps… Elle a disparu », murmura-t-il. « Mange, mon petit, mange », l’encouragea Jeanne avec tendresse. « Tu la retrouveras, j’en suis sûre. » C’est alors que la porte d’entrée grinça, et Charles et Hélène revinrent à la maison. La domestique sursauta en entendant les pas. « Et qui avons-nous là ? » s’étonna Charles en jetant un œil dans la cuisine. Ses yeux s’écarquillèrent en apercevant le garçon. « Qui as-tu fait entrer, Jeanne ? » demanda-t-il d’un ton sévère. « Cet enfant cherche sa mère ; il avait faim, alors je lui ai donné à manger », répondit calmement la femme, haussant les épaules. « Tu nourris maintenant n’importe quel vagabond ? Et notre avis, tu t’en moques ? » s’indigna le maître de maison. En entendant cela, Paul éclata en sanglots. « Je vais partir », balbutia-t-il en reposant la moitié de tarte sur l’assiette. Mais Hélène intervint : « Attends, mon petit », dit-elle avec douceur. « Dis-moi, d’où viens-tu ? Où as-tu perdu ta maman ? » Hélène avait toujours été plus douce que son mari. Parfois, Charles la réprimandait pour son excès de gentillesse, mais il n’était jamais parvenu à changer sa nature. « Je vis chez mon grand-père, mais il est méchant. Il me gronde tout le temps, parfois il me frappe… alors je me suis enfui », avoua Paul en tirant de la poche de son pantalon usé une vieille photo jaunie. « Voilà mes parents. On vivait ensemble avant », dit-il en s’essuyant les larmes du revers de la main tout en tendant la photo aux propriétaires. Hélène, prenant la photo dans ses mains, se figea… (La suite dans les commentaires 👇)









